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Veux-tu devenir souple ? – Interview exclusive avec Marco Oranje

Bonjour tout le monde!

Aujourd’hui nous accueillons pour une interview Marco Oranje, contorsionniste, artiste, danseur, chorégraphe…. mais surtout une belle personne et un coach de contorsion exceptionnel. Mes paroles ne sont pas vides de sens car j’ai vu personnellement les résultats de son travail sur moi-même et sur les autres.

C’est un honneur de pouvoir interviewer Marco dans notre blog.

Ne rater rien, on abordera plein de détails important qui vous aideront à mieux comprendre si vous êtes fait pour être souple et comment s’y prendre pour y arriver 😉

Marco Oranje, Contorsionniste, coach en contorsion

Marco Oranje – Photo by Jimmy Brown

Dis-nous quelques mots à propos de toi : d’où tu viens, comment tu es venu à la contorsion.

Je suis né dans une famille de bateliers, une enfance très compliqué et très douloureuse.  

J’ai vécu ma jeunesse dans des familles d’accueil et des foyers. A 12 ans j’ai commencé la danse classique en duo avec une fille de ma classe qui avait été refusée à l’Académie suite à son audition. Au debut, la danse classique m’a permis de sortir du foyer pour me retrouver au moins une fois par semaine dans la vraie vie de société. 

Très vite, ma prof de danse a vu du talent en moi. Elle m’a aidé de toutes ces forces pour que je puisse faire l’audition à l’Académie du Het Nationale Ballet à Amsterdam (niveau Opéra de Paris). A ma grande surprise, j’ai été admis.  L’Académie m’a aidé à trouver une famille d’accueil avec qui j’ai vécu 2 ans jusqu’à mes 18 ans.

Après j’ai tout arrêté pour me lancer dans la vie nocturne avec tout ce qui va avec…

1 an plus tard, Michael Clark, chorégraphe anglais contemporain (j’étais un grand fan) devait venir faire un spectacle à Amsterdam et cherchait des danseurs en extra. Avec mon grand égo, je me suis présenté et même sans avoir pris des cours pendant 1an j’ai été pris… Le jour de cette première, au moment que le rideau s’ouvre, j’ai senti un coup de foudre pour la scène. 

Ça m’a permis de reprendre mes cours et de travailler comme je n’ai jamais fait auparavant. Cette décision m’a permis de rentrer à la compagnie Introdans à Arnem (Hollande) où j’étais stagiaire en remplacement de tout le programme. 

Au bout d’un an, je suis parti faire ma carrière à l’étranger : 4 ans à Essener Ballet Allemagne, 2 ans et demi au Ballets de Monte-Carlo Monaco et finalement, l’Opéra de Bordeaux. C’est là que du jour au lendemain, j’ai pris la décision de quitter le milieu de danse classique et contemporaine car je n’étais pas heureux. 

Après avoir donné ma démission, je suis monté à Paris et j’ai littéralement frappé à la porte du Moulin-Rouge pour demander si je pouvais avoir une audition… que j’ai eu le même aprèm et où j’ai été également engagé. 

Ce magnifique endroit m’a fait tomber fou amoureux du french Can-can qui est devenu ma spécialité par là suite en tant que Valentin le désossé (soliste en souplesse).

Avec mon contrat, j’ai voyagé partout dans le monde pour vivre ma passion avec le can-can. 

Le jour où j’ai été invité à voir le spectacle « Crescend’o » de Muriel Hermin, j’ai eu un 3ème coup de foudre artistique — la contorsion. J’ai compris que c’était ça que j’ai cherché en fin de compte depuis toujours.

Du coup, pendant un an je me suis entraîné jour et nuit pour réussir à m’assouplir d’avantage  (tout en restant sur scène le soir en can-can). Un an plus tard, une étrange coïncidence a fait que je remplace le contorsionniste du même spectacle que j’avais vu au « Crescend’o ».

Et ma carrière de contorsion a commencé. 

Marco Oranje, Contorsionniste, coach en contorsion

Donc tu es un vrai artiste et pas seulement en contorsion. Aujourd’hui, quel est ton métier principal?

Je suis avant tout un artiste: je danse, fais de la contorsion et de l’acrobatie aérienne (corde de lisse, cerceau, tissu, trapèze fixes), j’ai chanté, joué la comédie. Je suis également chorégraphe et metteur en scène. 

Mon désir principal aujourd’hui c’est de transmettre mon savoir-faire en souplesse et en coaching d’aisance corporelle. 

Ce qui inclus tous ce qui fait partie du corps comme par exemple le traque, la féminité etc mais mon activité principale en coaching c’est la contorsion. 

Donc la réponse : du coaching mais pas exclusivement, si un projet artistique me plaît je le fais!

Du coup je dois rester en forme. 

Souvent on dit « Je ne suis pas souple d’origine et je n’ai plus 20 ans, alors c’est trop tard pour moi ». Qu’est ce que tu réponds à ce genre de propos ? Est-ce qu’il y a un âge pour la souplesse?

Ma réponse est très claire. 

Si on compare la souplesse avec le vélo, tout le monde peut faire du vélo mais pas tout le monde va faire ou veut faire le tour de France.  

Bien sûr plus on commence jeune plus vite on a des résultats.  

On peut devenir souple à n’importe quel âge (vu par expérience).

Moi j’ai commencé à 30 ans et malgré le fait que j’étais danseur, j’ai vu que la souplesse n’était pas la même pour faire de la contorsion, donc j’ai été obligé de revenir en arrière. 

J’avais quand même deux avantages : avoir une conscience du corps et la discipline du milieu de la danse classique. 

Après tout est question de détermination. 

Si on voit les yogis d’Inde, ils font de la contorsion jusqu’à la fin de leur vie. 

On peut très bien vieillir en pratiquant la contorsion si c’est bien pratiqué.

Marco Oranje, Contorsionniste, coach en contorsion

Marco Oranje – Photo by Romain Al’l

Tu accompagnes beaucoup d’athlètes et je vois vraiment que ta méthode fait presque des miracles. Comment l’as tu construite et qu’est-ce qui la rend si efficace ?

Je ne prétends pas du tout de faire de miracles. 

Grâce à mes nombreuses blessures, j’ai pu trouver dans mon propre corps une façon de travailler sans trop s’abîmer.

Je travaille beaucoup la souplesse active car on s’assouplit plus vite et le corps se muscle en profondeur en même temps.

Après la souplesse est devenue une véritable passion pour moi.

Je crée d’abord une relation de confiance avec l’élève et ensemble on essaie d’aller très loin.

L’humour aide énormément.

Oui oui, je travaille exclusivement avec de l’humour car ça fait sortir l’endorphine du coup on reste moins concentré sur la douleur et du coup on reste un tout petit peu plus longtemps dans les positions (pour gagner d’avantage en souplesse).

Après il y a la notion de mental, on en parle un peu plus loin.

Beaucoup de gens pensent qu’ils ne sont pas souples et en général lors des 1ères séances l’élève gagne beaucoup… mais c’est faux la plupart du temps, car cette souplesse est déjà dans le corps sans savoir et grâce à la confiance établie le corps va plus loin. 

Ça peut être très impressionnant.

Le corps est vraiment incroyable!

On n’a pas toutes et tous la possibilité de venir prendre des cours réguliers avec toi à Paris. Comment construire une pratique de souplesse/contorsion pour avancer seul?

Je tourne pas mal un peu partout en workshops ou en cours privés,  je donne énormément des exercices à faire chez soi.

Comment construire la pratique? 

1: Le placement avant tout!!!! 

Je rigole beaucoup mais je suis très maniaque du placement car avec un bon placement on évite pas mal de blessures !

2: L’échauffement !!!!! Il faut s’assurer que le corps soit vraiment chaud.

C’est comme un élastique : tu le mets au congélateur et tu tires après… bin ça claque !

Tu le mets dans l’eau très chaude et tu peux tirer beaucoup, beaucoup plus.

Est-ce qu’il y a des consignes de sécurité à respecter quand on travaille tout seul?

Ca rejoint la réponse d’avant : échauffement + placement.

Et je rajoute l’hygiène de vie, notamment plus de sommeil car le corps a besoin de plus de repos quand on va à l’extrême. 

Après, je ne travaille jamais une figure si je n’arrive pas à la faire. Je prépare plus tôt le corps en musclant ou en assouplissant l’endroit qui en a besoin. Après je peux demander à quelqu’un de confiance de me parer.

Mais je vais utiliser le moins d’accessoires possible. Les descentes en scorpion (crevette) par le canapé ou contre le mur… ou pire encore sur les briques, me font dresser les poils : jamais et surtout jamais tout seul!! 

Imagine que tu rates la descente et tu tombes mal sur la nuque. Tu peux même tomber dans les pommes ou pire être paralysé (c’est extrême mais le risque est là)

Qui est là pour t’attraper ? 

C’est bien d’avoir de grands défis mais pas à n’importe quel prix.

Marco Oranje, Contorsionniste, coach en contorsion

Marco Oranje – Photo by Pappy Stevens

Qu’est-ce qui est plus efficace : des séances d’une heure plusieurs fois par semaine ou de grosses séances une fois par semaine? Pourquoi?

Moi, je dis toujours : fait plutôt une grosse séance que plusieurs petites. 

Pourquoi ? Parce que le temps d’échauffement reste le même. Mais pour une petite séance, au moment que ton corps est échauffé, c’est presque la fin de la séance. C’est en plus très démotivant car tu n’as pas le temps de faire beaucoup d’exercices donc tu vois très peu de progrès.  

En plus, ce qui est le plus difficile en général, c’est de s’échauffer. Une fois qu’on est chaud, on est beaucoup plus motivé. 

Avec une longue séance, tu peux insister et refaire plusieurs fois et les résultats vont te motiver à faire encore plus. 

C’est très important de soigner la motivation !!!

Tout le monde ne sait pas que la contorsion ce n’est pas uniquement le travail du corps mais aussi du mental. Comment les deux sont liés et quels conseils est ce que tu peux donner pour avoir des résultats encore plus rapides ?

Je pense qu’aujourd’hui, on comprend de plus en plus qu’un mental positif est plus fructueux que la pensée négative. 

Exemple : Si tu te dis toute la journée que ton genoux te fait mal…. Et bien en fin de journée, tu as un gros risque d’avoir mal aux genoux. 

Je ne dis pas que c’est simple comme approche, mais c’est très important. 

Pour changer ces pensées, je propose toujours de rassurer le corps d’abord avec la petite phrase « tout va bien » c’est peut être simpliste mais c’est efficace. 

Le corps c’est comme un enfant : un enfant rassuré et encouragé fait des miracles.

Je suis moi-même pas du tout quelqu’un de positif à la base, j’ai du faire un travail énorme pour changer ça dans mon travail et dans ma vie.

Mais les résultats parlent d’eux mêmes…

Est-ce qu’il y a des aliments de consommation régulière qui peuvent améliorer ou au contraire diminuer la souplesse ?

Côté alimentation je ne veux pas trop rentrer dans les détails car il y a trop de théories contradictoires. 

Je suis radical avec le sucre car c’est la pire chose que les muscles puissent subir, c’est une véritable drogue et en plus c’est addictif…

Il faut absolument boire beaucoup plus que quelqu’un qui ne travaille pas la souplesse : eau, tisanes. En revanche, le café et le thé noir déshydratent et l’alcool, on sait ce que c’est…

Je bois du vin rouge et de la bière de temps en temps mais j’évite tout alcool fort. 

Après, c’est important de prendre des compléments alimentaires, des vitamines et des minéraux car la contorsion les évacue beaucoup plus vite que d’autres sports puisque les muscles ne les retiennent pas dû au fait qu’ils sont tirés à l’extrême. 

Marco Oranje, Contorsionniste, coach en contorsion

Marco Oranje – Photo by Karo Cottier

Est-ce que la contorsion affecte la santé et dans quel sens ? Quelles sont les précautions à prendre pour préserver sa santé et la renforcer encore plus?

Oui et non ))

Bien sûr quand on va loin il y a des risques de s’abîmer.

C’est pour ça que je travaille le plus possible avec les muscles et pas sur l’os.

C’est bien d’avoir un super niveau, maintenant, mais je dis toujours : pense quand t’auras 80 ans et tu devras encore sortir faire des courses puis faire la fête, pourquoi pas, mais si ton corps est foutu…. difficile de profiter de la vie.

Quelles précautions ? Bien connaître son corps et ses limites et être conscient qu’on ne peut pas tout avoir. Il y a des figures qui ne sont pas pour tout le monde.

Après, c’est bien d’avoir un bon carnet d’adresses des gens qui peuvent te soigner et en qui t’as absolument confiance.

Je conseille de voir régulièrement des ostéopathes ou chiropracteurs pour remettre le corps à sa place (ça évite d’abîmer le corps qui n’est pas à sa place), même si on a pas mal.

Pour moi c’est tous les trimestres en période de gros entraînements. 

Il faut investir dans son corps, la santé n’a pas de prix.

C’est décevant d’entendre « je n’ai pas d’argent car je prends des cours, je dois acheter ça ou ça… ».. ma réponse : ton corps, tu n’en as qu’un seul, jusqu’à la fin de la vie.

Et souffrir dans sa chair, je le souhaite à personne donc regarde où sont tes priorités. 

Et le repos !!!! Ça fait partie de l’entraînement… ou plutôt le repos c’est un entraînement. Car c’est seulement quand on est en repos que le cerveau va classer toutes les informations. Ça arrive aussi de réussir une prouesse juste après un weekend ou les vacances ? C’est parce que le corps et le cerveau continuent à travailler même (surtout) si on se repose.

Si tu devais donner un conseil, qu’est-ce que ce serait ? 

  • N’aie pas peur des blessures c’est chiant mais bon, ça fait aussi partie du jeu « raison de plus d’écouter son corps encore plus profondément. 
  • Aies du plaisir dans le travail, ça motive. Trouve un pote avec qui tu peux t’entraîner (même de temps en temps), ça aide à garder la motivation. 
  • Ne te compare pas aux autres, la souplesse est personnelle. 
  • Trouve plutôt des solutions pour chercher la souplesse ailleurs que d’insister sur une partie qui ne peut pas s’assouplir car ça provoque immanquablement des blessures.
Marco Oranje, Contorsionniste, coach en contorsion

Marco Oranje – Photo by Karo Cottier

Merci Marco pour cette interview passionnante!

J’espère que vous prendrez note de bons conseils de Marco et surtout que vous allez sauter sur l’occasion d’aller à ses workshops ou de l’inviter à votre studio comme on le fait chez Keelin à Ecole de pole dance Keelin Pro.

Croyez moi, cet investissement vaut largement  la peine. Perso, j’ai du déjà en faire une grosse dizaine et j’y retourne à chaque fois avec autant de plaisir. D’ailleurs, comme tout bon coach, Marco nous invente systématiquement de nouveaux exercices. Donc plus d’excuses ! 😉

Pour vous donner encore plus envie, je vous met une photo de ma progression, tout grâce à l’enseignement de Marco!

Souplesse dos, back flexibility, backbend

Ma progression grâce aux cours de Marco.

Antonina Falco

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Join the discussion One Comment

  • la-rose-noire dit :

    Bonjour
    J’aimerais savoir quel type de compléments alimentaires, des vitamines et des minéraux ?
    Merci pour l’article c’est intéressant et étonnant j’ai beaucoup plus entendu qu’il fallait des séance régulière qu’intense, à tester pour se forger son opinion. 🙂

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